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[Version FRANCAISE] Re: [ipr-ict] "Bon pour l'Afrique?/Good for Africa?" (réponse de Andrew)



C'est une excellente question et celle-là que chaque projet Creative Commons dans un pays en voie de développement doit se poser.

Puisque dans beaucoup de pays développés, les musiciens amateurs et les fabricants de films ont été parmi les utilisateurs les plus enthousiastes de licences Creative Commons, ce n'est donc pas juste la connaissance scientifique qui est concernée ici. Il y a des milliers, probablement des millions des gens qui par loisir et parce qu’elles disposent de l’équipement technique peuvent créer et diffuser des œuvres numériques, sur l’internet, dans les développés. Ce n'est pas évidemment le cas en Afrique où même l'accès à Internet est limité et les débits souvent bas. Il y a peu de personnes qui ont le temps ou le loisir de créer et diffuser la musique digitale et des films.

Cela signifie-t-il que les licences Creative Commons sont inutiles à la plupart des Africains ?

J'ai passé du temps à réfléchir sur cette question et voici mes réponses personnelles. Je serais très intéressé d’entendre celles des autres personnes oeuvrantengagées dans ce domaine pensent.

En ce qui concerne l’art, je pense qu'il est avantageux aux africains d’avoir leurs travaux connus dans le monde entier. En effet, les mécanismes de distribution actuels favorisent souvent une importation univoque des contenus des pays développés vers les pays en voie de développement. Si les licences Creative Commons facilitent déjà simplement la distribution des contenus africains à l’intérieur de l'Afrique, elles auraient déjà bien servi. Si les licences Creative Commons, permettent en plus aux créateurs africains d'être connus à l'extérieur du continent, ce serait réellement utile, car cela permettrait aux voix africaines d’être entendues dans d'autres pays ; potentiellement, ceci peut permettre aux créateurs africains d’avoir accès à des marchés auxquels ils n’avaient pas accès.

Toute personne qui met son travail sous licence Creative Commons, choisit les droits qu’il veut conserver, et ceux dont il laisse les autres jouir. Ainsi un musicien pourrait autoriser le droit de faire des copies pour une utilisation personnelle, mais conserver le droit à l'exploitation commerciale. Ainsi lorsque quelqu'un réalise une publicité en utilisant un CD de musique africaine, ou en faisant un film, il pourrait ainsi connaître le travail du musicien en question, PARCE QUE LE TRAVAIL DE CE DERNIER EST DISTRIBUÉ SOUS LICENCE CREATIVE COMMONS. Il pourra ainsi se rapprocher de lui et demander une licence afin d’avoir le droit d’utiliser l’oeuvre à titre commercial, par exemple pour l’insérer dans un film.

Dans chaque cas, la question est de savoir quelle licence est la plus appropriée.

Il en va de même pour la connaissance scientifique. Si une telle connaissance est publiée sous un format propriétaire, il sera disponible aux sociétés internationales et aux riches institutions universitaires des pays développés. Elle ne sera pas cependant pas facilement disponible à la plupart des personnes dans les pays en voie de développement ; elles n’en profiteront donc pas. Si cette connaissance est placée sous licence Creative Commmons, plus de personnes en profiteront.

Si cette connaissance n’est pas du tout rendue publique, on peut se demander en quoi il est utile de la produire.

Quelle est la situation pour les créateurs de la connaissance ? En matière de connaissance scientifique, le droit d'auteur n’engendre pas beaucoup de revenus pour les scientifiques qui publient leurs travaux dans des journaux scientifiques. Il s’agit là en grande partie du travail d'universitaires et des chercheurs qui sont payés par des établissements. Seuls quelques scientifiques sont directement rémunérés pour la publication de leurs travaux scientifiques (peut-être même qu’il y en a pas) ; seuls les éditeurs, et peu sont des entreprises africaines, tirent profit de la commercialisation de la connaissance. Comment l'Afrique perdra-t-elle si ces éditeurs ne sont plus utilisés comme intermédiaires?

Le droit d'auteur n'est pas généralement la meilleure façon pour réaliser des bénéfices sur la connaissance scientifique, c’est plus le brevet qui est plus approprié. Les licences Creative Commons n'excluent pas l'enregistrement de brevets, puisque Creative Commons ne concerne que le droit d'auteur.

Il est cependant important, à chaque fois que l’on envisage mettre une œuvre sous licence Creative Commons (CC), de se poser la question suivante : est-ce qu’une licence CC est bien appropriée pour ce type d’œuvre ?


Andrew Rens a écrit :

This is an excellent question, and one which every
Creative Commons Project in a developing country must
ask.

Since in many developed countries amateur musicians
and film makers have been amongst the most
enthusiastic users of Creative Commons licences, it is
not just scientific knowledge which is at issue .
There may be thousands, possibly millions of people
with the leisure, and technical equipment to create
and digital works, and distribute them away via the
Internet in developed countries. This is obviously not
the case in Africa where even the limited Internet
access is often low bandwidth access. There are few
people with the time or leisure to create and give
away digital music and movies.

Does this mean that Creative Commons licences are
useless to most Africans?

I have spent some time pondering this question, and
these are my personal responses. I would be most
interested to hear what others engaged in this field
think.

In respect of art I suggest that it is to the
advantage of Africans to have thier works become known
globally. Indeed, current distribution mechanims often
favour a one way import of content from developed
countries to developing countries. If creative commons
simply facilitates distribution of African content
within Africa it will have achieved a great deal. If
Creative Commons further enables African creators to
be known outside of the continent this will be useful
in having African voices heard in other countries and
may potentially give African creators access to
markets which they don't have.

Anyone who licences their work under a creative
commons licence chooses which rights to retain and
which to allow others to exercise. Thus a musician
might allow others the right to make copies for
personal use, but retain the right to commercial
exploitation. Thus a someone making an advertisement,
cutting a CD of African music, or making a film, might
get to know the  musicians work, BECAUSE IT IS
DISTRIBUTED UNDER A CC LICENCE, and thus approach the
musician to licence the work for a commercial use,
such as inclusion in a film.

The question in each case is which licence is most
appropriate.

Similar considerations apply to scientific knowledge.
If this knowledge is published under a proprietory
format it will be available to international
corporations and wealthy academic institutions in
developed countries. It will not however be easily
available to most people in developing countries who
will not benefit from it. If it is licensed under a CC
licence more people will benefit.

If it is not disclosed at all then it is questionable
what the point of producing the knowledge is.

What about the creators of the knowledge? Copyright in
scientific knowledge does not generate much revenue
for scientists who publish their work in scientific
journals. These are largely the work of academics and
research scientists who are paid by institutions. Few
if any scientists are directly renumerated for
publishing scientific work, only publishers, few of
whom are African corporations, benefit from charging
for access to this knowledge. How will Africa lose if
these publishers are disintermediated?

Copyright is not generally the appropriate way to
protect possible revenue from scientific knowledge,
patent is. Creative Commons licences do not preclude
the registration of patents since Creative Commons
deals only with copyright.

It is important however to ask this question each time
a person considers licencing a work under a CC
licence: is a CC licence most appropriate for THIS work?





--- barnabe@oridev.org wrote:



Français :
Merci à Andrew Rens pour son texte sur Creative
Commons. J'ai une
question: puisque nous nous avons constaté au cours
du débat que
l'Afrique ne produit pas énormément de connaissances
scientifiques,
comparativement aux pays/continents plus développés,
pourquoi
devons-nous moins protéger le peu de connaissances
que nous avons en
utilisant les licences creatives commons? Ne
devons-nous pas plutôt
mieux protéger que les autres? Les licences
creatives commons sont-elles
réellement bonnes pour l'Afrique? Je ne pense pas
qu'elles vont bien
marcher en Afrique.

English
Thanks to Andrew Rens for his note on Creatives
Commons. Since it is
assumed that Africa does not produce much scientific
knowledge, in
comparaison with Western countries, why have we to
protect less the few
knowledge that we produce? Maybe it should be the
contrary. So are
Creatives Commons really good in Africa?


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