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[ipr-ict] Contribution de Falou Samb



Title: Ken Lohento
-------- Message original --------
Sujet: RE: [Fwd: Re: [ipr-ict] Concept des DPI et enjeux pour l'Afrique - IPR concept and issues for Africa]
Date: Tue, 26 Jul 2005 12:50:39 +0200
De: Falou Samb <fsamb@acici.org>
Pour: <klohento@panos-ao.org>, "philipp schmidt" <philipp@bridges.org>


Ken Lohento

Cher ami, Ken,

 

Je te soumets ma contribution, ci-dessous.

 

J’ai essayé de la faire passer par le site, mais je ne suis pas sûr. Encore une fois, je suis désolé de ce contretemps, mais je te remercie grandement de ta confiance, en espérant que ma contribution va aider au débat.

Falou.

 

Contribution :

 

Je suis désolé de n'avoir pu participer plus tôt à ce débat riche et instructif, tout à l'honneur des organisateurs, en particulier Ken et Philip. Je voudrais apporter ma contribution au débat en mettant en lumière quelques points:


1. Comme pour beaucoup d'instruments, la PI doit être un instrument au service du développement et non une fin en soi. Lorsqu'au 19° siècle, les Conventions de Paris et de Berne ont été signées, c'était certes pour protéger l'innovation, mais également et surtout, cette démarche s'inscrivait dans une dynamique globale qui allait accompagner et consolider la révolution industrielle de l’Occident et jeter les bases de sa puissance économique actuelle. En ce qui nous concerne, les DPI ne jouent plus ce rôle d'avant-garde et d'accompagnement, mais les brevets servent exclusivement à défendre des intérêts privatifs, certes louables, mais sans prise réelle sur le développement. Un juste retour des choses s'impose et requiert une volonté politique forte et éclairée.


2. Je pense également qu'il ne faudrait pas trop se focaliser sur la participation de l'Afrique à la conception et à la fabrication des logiciels et autres objets liés aux TIC. Je suis sûr qu'il existe des citoyens Africains dans toutes ces grandes firmes qui fabriquent ces logiciels. Donc ni le savoir, ni l'aptitude des Africains ne sont en cause, mais plutôt le décalage réside dans l'absence d'un environnement qui serait favorable à l'éclosion et à la sauvegarde des talents de nos soeurs et frères.


3. Comme dans d'autres domaines, l'éclatement et l'étroitesse de nos pays rendent illusoire une appropriation efficace des DPI et leur utilisation au service du développement. Dans ce contexte, l'intégration régionale semble être la seule voie salutaire. L'Afrique dispose de deux entités en la matière: l'ARIPO, pour les pays anglophones et l'OAPI pour 16 pays francophones. Contrairement à l'ARIPO, qui est un secrétariat de coordination, l'OAPI est uin exemple unique dans le monde d'une intégration réussie en matière de DPI. Cet atout, mal connu et parfois mal compris, doit être mieux utilisé, car cette organisation est le levier de toute la matière de la PI pour ces 16 pays francophones. Un déficit de communication, tant au niveau national que régional, empêche cette dynamique et ce Forum pourrait aider à résorber cette situation. Il s'agit également et surtout d'une question de politique orientée vers le développement


4. On parle des logiciels et autres DPI, mais j'estime que l'accent devrait être plutôt mis sur l'accès à l'information. Cette information existe à l'échelle mondiale, régionale et nationale et elle est entièrement libre, car elle accompagne le dépôt de chaque brevet. Il s'y ajoute que beaucoup de brevets sont tombés dans le domaine public ou vont l'être sous peu. Il s'agit là d'une masse d'informations, d'un gisement inestimable de connaissances que les chercheurs africains doivent utiliser comme base pour arriver à la technologie, dans tous les domaines. Le reste, on pourrait l'obtenir, sous certaines conditions, bien entendu, dans le cadre de partenariats avec les entités publiques et privées concernées à travers le monde.


En conclusion, je dirais que nous AFRICAINS avons les connaissances qui justifieraient des DPI, nous pouvons acquérir et/ou accéder à la technologie idoine, le combat réside dans la mise en place d'un environnement attractif: les textes qu'il faut, la volonté politique au plus haut niveau, l'implication systématique des académiciens et chercheurs, du secteur privé national, de la société civile.


5. En ce qui concerne la question de Seydina Ndiaye, il est bien possible d'avoir un brevet qui soit applicable aux USA et non pas en Afrique et vice versa. Le dépôt du brevet se fait selon le désir de l'inventeur et en fonction de sa stratégie de marché. Il s'y ajoute que des droits plus ou moins élevés s'attachent à cette inscription, ce qui rend le processus onéreux. Pour le reste, la réponse se trouve dans mes observations sur l'OAPI. Encore une fois, c'est un outil formidable, qui n'a pas encore livré toutes ses possibilités, elle est au coeur de la gestion des DPI.